C’était l’été 1958, les personnes résidant non loin des rives du fleuve Saint-Laurent s'apprêtent à fêter l'inauguration de la voie maritime du Saint-Laurent. Fruit de quatre ans de travaux, cette voie est l'un des chefs-d'œuvre du génie civil nord-américain.
Sous l'œil enthousiaste et fasciné des riverains, les ingénieurs détournent les eaux du fleuve vers les deux canaux construits au nord et au sud de l’île Long Sault. Toutefois, le projet ne va pas sans controverse.
En effet, un groupe de petits villages est niché sur la rive du Saint-Laurent. En 1954, les résidents de ces collectivités très soudées apprennent, après une longue attente, qu'ils vont être obligés de déménager, puisque chacun de leurs villages sera submergé par les flots du nouveau lac Saint-Laurent. Ce projet de grande ampleur a une profonde incidence sur la vie des quelque 6 500 personnes déplacées.
En 1977, un groupe d'anciens résidents fonde la Société historique Lost Villages, association qui rend hommage à ces villages engloutis et perpétue leur histoire.
Environ trente ans après sa fondation, le musée de l'association, qui est situé au sein du parc Ault, compte de nombreux objets d'époque. On y trouve également des édifices restaurés qui s'élevaient jadis sur les terrains des hameaux détruits. Sur ces lieux, le souvenir et l’atmosphère des villages demeurent figés dans le temps.
Pour veiller à ce que l'histoire des villages soit transmise aux générations futures, Jane Craig, présidente de la Société historique Lost Villages, et un groupe de bénévoles dévoués travaillent de concert pour promouvoir la mission et les valeurs de l'association.
Tout récemment, la salle commémorative Forbes du musée a été rendue plus accessible. Il s'est agi d'un véritable défi pour l'association, car il a fallu doter la salle d'une rampe d'accès sans pour autant porter préjudice à la valeur historique de l'édifice.
« Les personnes handicapées ne pouvaient pas pénétrer dans le bâtiment. La salle commémorative expose des tableaux généalogiques ainsi que de nombreuses photos – des objets qui piquent vraiment l'intérêt des visiteurs. Il nous fallait faire quelque chose », déclare Mme Craig. La Société historique Lost Villages est essentiellement financée par des dons individuels et des campagnes de collecte de fonds. Les membres de l'association savaient donc que pour atteindre leur objectif, ils allaient devoir s'armer de créativité.
Grâce aux efforts inlassables des bénévoles et à la participation de la communauté, la Société historique Lost Villages a pu conclure un partenariat avec le programme de charpenterie du Collège Saint-Laurent. Dans le cadre de cette entente, les élèves du programme ont construit et installé gratuitement une rampe d'accès de 36 pieds en l'espace de trois jours. « Pour la classe, ce fut un formidable projet éducatif », confie lance Bowman, le professeur encadrant les élèves du Collège Saint-Laurent qui ont pris part à l'initiative. « Cela nous a également donné l'occasion d'en apprendre beaucoup sur l'histoire de notre collectivité. »
Serge Langevin, résident de la collectivité, se déplace en fauteuil roulant. Il visite fréquemment le musée de la Société historique Lost Villages. « Les personnes qui, comme moi, utilisent des appareils fonctionnels apprécient vraiment cette initiative. Cela fait chaud au cœur de voir des gens se mobiliser et travailler main dans la main pour mettre sur pied un tel projet — c'est fantastique. »
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